Kihia : 1ère femme arabe bénévole au sein du Maguen David Adom

15/02/2012

 

Pendant des années, Sherian Kihia (24 ans), de Jérusalem, souhaitait être bénévole au sein du Maguen David Adom. Afin de réaliser son rêve, elle a dû surmonter les critiques de sa famille et de son entourage.

La pression fut tellement forte, qu’elle pensa parfois ne jamais  être en mesure d’atteindre son objectif. Mais sa volonté eut raison de tous. Aujourd’hui, elle est désormais secouriste au sein du MDA, où elle est la 1ère femme bénévole originaire de la communauté arabe.

«Je me suis engagée à sauver des vies, sans me poser les questions de religion ou de nationalité »

Kihia a rejoint les équipes du  MDA de la partie arabe de Jérusalem. Elle a été admise en tant que secouriste et chauffeur d’ambulance.

«Je suis venue au MDA car je voulais sauver des vies», dit-elle fièrement. «J’ai tout d’abord rejoint une formation de secourisme ouverte à tous, puis j’ai naturellement souhaité suivre des formations complémentaires. Ce fut long, mais j’y suis parvenue » témoigne-t-elle fièrement, avant de poursuivre : «Je devais me justifier auprès de mes proches, qui me demandaient pourquoi avoir préféré rejoindre le MDA, qui est une organisation juive, et non pas le Croissant-Rouge. Mes parents m’ont soutenu et incité à continuer de suivre la formation de l’organisation. Mon mari, que j’ai épousé il y a plusieurs mois, m’a également encouragé.  Les autres bénévoles du MDA, outre le fait que je suis musulmane, me traite d’égal à égal, malgré les difficultés linguistiques. Pendant ce temps, dans la rue, des regards insistants sont sur moi lorsque les gens reconnaissent mes origines et me voient parmi le personnel d’urgence. Dans les quartiers arabes, les hommes sont très surpris de me voir conduire une ambulance. Ils ne peuvent pas croire qu’une femme ai obtenu son permis de conduire et dirige une équipe d’ambulanciers arborant l’étoile rouge de David ».

Le jour du Grand Pardon (Kippour), fête la plus importante du calendrier hébraïque, elle assura avec son équipe une garde devant la grande synagogue de Jérusalem, qui accueillait des milliers de fidèles.Un autre obstacle, pour Kihia, est la nécessité de travailler avec des hommes toute la journée.

«Au début, il était difficile de travailler avec une équipe masculine, mais je suis désormais habituée à cela, Ils sont sympathiques. A la station du MDA, je suis devenue amie avec les autres femmes secouristes, nombreuses, juives pour la plupart. C’est un échange de chaque instant : je leur apprends des mots d’arabe, elles m’apprennent l’hébreu ».

Mourad Salman, directeur des équipes du Maguen David Adom dans les quartiers arabes de Jérusalem, conclut : «La présence de Kihia dans notre organisation est un symbole fort. Tous unis malgré nos origines pour atteindre un seul but : sauver des vies. Espérons que son histoire incitera de nombreux autres jeunes femmes issues de notre communauté arabe à rejoindre les équipes du Maguen David Adom ».

 

 

 

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